Artisant, maître du temps
METIER D'ART. Depuis plus de vingt ans, François MONTAUFRAY répare pendules, horloges et coucous. Rencontre avec cet esthète de la mécanique horlogère, dans son atelier du centre ville havrais.
Tic tac, tic tac… C’est un plaisir que de pénétrer dans l’antre de l’artisan, peuplé d’une centaine d’horloges, de pendules et autres mécanismes de la Forêt noire qui n’attendent que d’être révisés et réparés. Plaisir auditif, surtout quand les mécanismes s’emballent pour sonner l’heure. Alors le lieu résonne de dizaines de « coucou » d’oiseaux, de carillons Big Ben et autres cloches. François Montaufray, lui, reste concentré sur son établis.
« Je ne les entends même plus ! », sourit cet homme chaleureux, attentif, qui n’a pas oublié son premier métier : animateur. « J’aimais beaucoup cela mais pour gagner ma vie, il me fallait trouver autre chose. J’avais une amie dont le père, Jean-Claude Leneveu, horloger à Montivillers, cherchait quelqu’un pour l’aider à faire les réparations. J’ai été embauché à mi-temps. J’avais 23 ans. » Il découvre peu à peu ce métier, auquel rien ne le disposait : « dans mon enfance, je n’avais pas la curiosité de démonter les réveils, par exemple ! » Dans cette activité ce qui le frappe, au début, c’est la qualité des rapports humains : « Jean-Claude Leneveu était un homme bienveillant, avec le désir de transmettre. Il m’a mis sur le chemin. » Puis, il se passionne pour le mécanisme horloger. « c’est fa-bu-leux. Chaque mécanisme est unique. C’est même troublant car, à partir de pièces en vrac que l’on remonte, on arrive à un équilibre parfait. Pour que cela fonctionne, il faut que tout soit bien en place.
|